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Rencontre avec Azé Kokovivina un personnage remarquable |
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| Bernard Müller | 12.01.2011 | 09:36 • MIS A JOUR LE 14.01.2011 | 07:34 | ||||
Rencontre avec Azé Kokovivina un personnage remarquable
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Aze Kokovivina est une pépite. Eternellement jeune, il semble avoir trouvé une solution à la fois artistique et existentielle pour faire cohabiter tous les possibles sur sa scène, intérieure et extérieure. Son œuvre est pourtant celle d’une synthèse. Une construction patiente qui s’inscrit dans la biographie de ce personnage remarquable qui a visité toutes les arcanes mystiques avant de revenir au culte de ses vodou, la tête froide, sans jamais perdre le cap du « Concert », dont il n’a jamais interrompu les représentations depuis le tout début des années 1980. |
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Parmi les nombreuses rencontres qui ont émaillées le premier voyage exploratoire de l’équipe artistique et scientifique du projet « Zomayi » sur les côtés du golfe du Bénin, celle d’ Aze Kokovivina fut sans doute l’une des plus précieuses. A la recherche de matériaux pour un spectacle déambulatoire inspiré du périple des « brésiliens », partis d’Afrique comme esclaves et revenus libres sur la terre de leurs ancêtres, comme cela est raconté avec brio dans le dernier roman « Esclaves » de l’écrivain togolais Kangni Alem (Lattès, 2009), la rencontre avec cet artiste complet grand prêtre du fou-rire a eu l’avantage de nous connecter – d’emblée – à la bonne veine.
Ainsi, grâce au spectacle de Concert-Party programmé dès le deuxième jour à l’Espace FilBleu sur la route d’Adidogomé l’équipée bigarrée de cette expédition « initiatique », menée par les chefs de projets que sont Gaëtan Noussouglo (acteur, metteur en scène et animateur culturel, Lomé & Montbéliard), Cesar Huapaya (Metteur en scène, Vitoria, ES, Brésil) et Bernard Müller (chercheur et dramaturge, IRIS/Curio, Paris, France) purent d’emblée se plonger dans la culture populaire, rappelant que la simplicité et l’exigence de ce genre devaient précisément nous servir de garde-fou et de maître-mot.
Aze Kokovivina donne le ton. Cet homme est exceptionnellement intelligent ; il se situe à un carrefour merveilleux, à ce point de rencontre de tant de mondes, il jongle avec brio. Voilà pourquoi – finalement - il ne nous donne pas d’autre choix que de rire, rire de nous aussi, en nous faisant réfléchir au miroir aux alouettes dans lequel nous nous complaisons à ne pas voir les autres espèces d’oiseaux. Il nous faut rire pour survivre, à gorge déployée ou en grinçant des dents, à chaudes larmes ou à se pisser dessus... Aze Kokovivina est convaincant, et il faudrait être fou pour ne pas le suivre. Bernard Müller © Togocultures Les autres membres de l’équipe sont : de Paolo Abreu Sodre (directeur musical, Vitoria, ES, Brésil), d’Amelia Barretto (chanteuse, Vitoria, ES, Brésil), de Jean-Gabriel Farris (plasticien) et d’Aurélien Fernandes (acteur) eurent la chance de relier à la tradition. |
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