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Arts Plastiques
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PEINDRE EROS |
| 17.03.2009 | 08:45 • MIS A JOUR LE 01.09.2009 | 10:10 |
PEINDRE EROS
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D’un sujet a priori égrillard et licencieux, les plasticiens Paako Sallah et Ethie Essiomlé ont titré une exposition de toiles, fort intéressante. Dans leurs œuvres collectives intitulées de façon générique « Tabou 100 Tabou, la nudité », les deux peintres explorent le corps humain à nu. Ils dissèquent et enveloppent le corps de mille enchantements de couleurs laissées par la peinture sur toiles. Les créations jouissent d’une sensibilité d’autant plus grande que Paako Sallah, par exemple, est lui-même un grand admirateur et observateur du corps de la femme. Il ne s’en cache pas. Son travail nous intéresse particulièrement. |
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De l’atelier au Boulevard circulaire en passant par la peinture… C’est à Bè, rue de l’OCAM, l’un des quartiers réputés frondeurs de Lomé, que le peintre Paako Sallah a installé son atelier et sa structure d’enseignement en arts plastiques Agbé’ Art. L’atelier-école est sis au fond d’une cour. De là on accède au Ministère de la Sécurité en quelques minutes de marche. Heureusement, l’endroit est aussi et surtout mitoyen du grand boulevard circulaire de Lomé. Lieu de prédilection et de libération de fantasmes pour vadrouilleurs, noctambules et autres frimeurs qui n’y ratent jamais leurs cibles sensibles.
Il arrive très souvent à Sallah de s’y dévoyer entre deux peintures, en compagnie de collègues et amis. Occasions de rencontres inédites et de provocations dans l’imagination de ce peintre qui décide enfin de consacrer les mois de Mai et de Juin 2008 à ces peintures érotiques. Dans cette collection thématique d’art érotique, d’une grande facture figurative, le peintre a pour base favorite la toile et l’acrylique à laquelle il associe parfois des coups de couteau. Ce pour raffiner les contours des personnages et de leur monde. Il dessine le sexe en plan rapproché, exagère et tronque à certaines occasions, la forme du sexe féminin. A d’autres, nous voyons des scènes d’homosexualité féminine que l’artiste invite délicatement à deviner, « Estelle et… » à titre d’exemple. Il éclate également en images, sur des toiles, le jeu sexuel. A cet effet « Nid d’oiseau » montre la bouffissure d’un phallus trouvant la voie d’un joli cul, superposé à un nid d’oiseau en décomposition. Le peintre fait bien de se concentrer sur les représentations du corps. Cela pourrait réussir à drainer l’homme politique africain, avide du pouvoir et donc du sexe selon l’artiste, vers des lieux de culture où seront exposées ses œuvres. Cela, tant la question des relations entre la politique et la culture ou de la politique culturelle, sous plusieurs cieux africains reste un sujet grivois à l’image du « Tabou 100 Tabou ». L’érotisme devient pour Sallah, une catégorie picturale autant qu’une question politique. Il porte sur le sexe et la politique un regard ironique, jamais condamnant quoi que ce soit. Il trouve d’ailleurs, peut-on dire la relation homme- femme irréductible puisque la toile « Et la femme façonna l’homme », où une femme aux seins fertiles allaite un petit garçon, nous remet dans un symbole fort de la genèse. En tant que dessinateur et peintre, il fait preuve d’une grande habileté technique. On retrouve rarement, une aussi grande maîtrise de dessin, de couleurs et de leur cohabitation chez des peintres ici. Mais dans les idées, le peintre développe quelque chose qu’on pourrait retrouver chez un Tom Poulton, l’illustrateur anglais décédé en 1963. Dieudonné Korolakina Publié le 11 juillet 2008 |
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